Rappelons d’abord que l’application de la charia relève en presque totalité de la conduite individuelle des fidèles. Ceci dit, l’autre amalgame, que les détracteurs de toute vertu comme valeur absolue se délectent à faire croire aux gens pour les repousser de l’Islam, consiste à opposer ce culte à la modernité. C’est faire preuve soit d’une mauvaise foi manifeste soit d’une ignorance notoire.
Au contraire l’histoire est là pour témoigner de la manière la plus objective que c’est grâce à l’attachement à l’échelle individuelle aux principes et aux règles de la charia que, pendant des siècles dans l’immense monde musulman, toutes les sciences ont connu un essor évident et que la vie n’avait jamais cessé de se moderniser pour offrir à l’humanité de grandes, belles et paisibles métropoles avec les premières universités au monde. Citons à titre d’exemple Bagdad. Voilà ce qu’il en était à partir des sources encyclopédiques :
Bagdad : Nommée Madinat al-Salam, la «cité de la paix», la ville fut construite par le second calife abbasside al-Mansur en 762, Sa construction a duré quatre ans et mobilisé 100 000 personnes. Suivant un plan circulaire de 2 km de diamètre, elle possédait trois murailles concentriques, percées de quatre portes. De larges avenues menaient des portes jusqu’au centre, au palais du calife et à la mosquée, entourés de la première muraille. La seconde délimitait l’espace réservé à l’armée et la troisième abritait la population. Les quartiers de marchands ou bazars se trouvaient à l’extérieur des remparts, à al-Karkh. La ville prospéra sous le calife Haroun al-Rachid. Bagdad demeura un grand centre commercial et culturel. Les mathématiques s’y développèrent et le zéro apparut. Son déclin commença lorsque le sultan mongol Hulagu, petit-fils de Gengis Khan, mit la ville à sac en 1258, mettant ainsi fin à l’empire califien. Elle fut à nouveau détruite en 1401 par un autre sultan mongol, Tamerlan.
Il en est de même et selon les mêmes sources, du développement fulgurant de toutes les sciences. Le monde musulman n’a commencé à connaître son déclin et donc son propre moyen âge qu’à partir du moment où par excès d’ignorance parmi la majorité des fidèles, il a commencé à se départir à l’échelle individuelle, de ses nobles valeurs instituées par la charia, et de sa pratique au quotidien par le commun des mortels.
Et il restera dans cet endémique marasme tant qu’il continue à rechigner pour revivre l’Islam tel qu’il a été révélé et dont les nobles valeurs et les grands principes ont déjà fait son âge d’or, quand l’Europe pataugeait dans les ténèbres de son époque médiévale. La renaissance de cette partie du monde fut plutôt et surtout inspirée par l’éclat de la civilisation qu’a connu huit siècles durant, l’Andalousie musulmane.
Quand ces mêmes détracteurs de l’Islam dénombrent eux-mêmes les raisons du sous-développement actuel du monde musulman et les raisons des entraves qui consolident son archaïsme, ils se trahissent et citent surtout la corruption et le clientélisme dans l’administration publique et dans la justice. Ils citent aussi la fraude et la fainéantise dans l’accomplissement des devoirs. Or la charia proscrit justement tous ces défauts dans la conduite au quotidien de chaque fidèle. Elle prescrit plutôt l’intégrité et l’équité comme des valeurs cultuelles absolues. Et elle enjoint aux fidèles la loyauté et la probité dans l’accomplissement du devoir et l’excellence dans l’accomplissement des bonnes œuvres.
Cependant quand on se plait à chicaner les musulmans sur la modernité et l’islam, le débat ne porte pas, comme il se doit, sur le formidable élan scientifique et technologique qui a fait la richesse et la puissance de beaucoup de nations. Il porte plutôt sur la vie de plus en plus dissolue et sur le libertinage qui l’accompagnent. Or la charia est à juste titre contre une telle conception perverse de la modernité.
Et c’est pour cette raison que les hédonistes, détracteurs des nobles valeurs de l’islam, se cachent derrière une noble cause qui est l’appel à la modernité, pour n’insister que sur la liberté de la femme, non pas pour qu’elle soit instruite et émancipée, comme il se doit et comme le veut justement la charia pour toute personne des deux sexes, mais pour la trouver disponible pour leur bon plaisir. Pour ceux-ci, l’émancipation de la femme qui résume chez eux toute la modernité, est son comportement "exhibitionniste" ; la libre disposition du corps et le libre accès à tous les plaisirs sans aucune limite d’aucune sorte. C’est leur droit le plus strict, sauf qu’ils doivent admettre sans rancune que l’islam prône une toute autre image de la femme, à savoir celle noble, pleine de dignité et que l’on n’en admet nulle autre pour sa propre mère et sa propre sœur.
Par Mustapha HMIMOU
Commentaires