Faut-il y insister, le même appel du Coran aux gens du livre pour suivre la voie d’Allah, révélée à Son ultime messager Mohammed, soit-il béni la grâce et le salut d'allah, ne leur dénie en aucun cas leur sacré droit au libre arbitre qui leur garantit la liberté de choisir entre se soumettre ou rejeter cet appel.
- « Et dis: "La vérité émane de votre Seigneur". Celui qui daigne la reconnaître qu il le fasse, et celui qui veut la renier qu’il le fasse". Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent…» ( début du verset 29 chap. 18) ;
- « …Nous lui (l'homme) avons indiqué la voie de la raison, ou il est alors reconnaissant ou qu’il fait preuve d'ingratitude » ( Verset 3 chap.76)
- «Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de la voie de la démesure. Quiconque se rebelle alors contre la tyrannie et reconnaît Allah, saisit l'anse la plus solide, qui ne rompt jamais. Et ALLAH entend tout, Il est l’Omniscient. » ( Verset 256 chap. 2)
- « Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi (Mouhammad) de contraindre les gens à devenir croyants? » (verset 99 chap.10)
- « Nous savons mieux ce qu'ils disent. Tu n'as pas pour mission d'exercer sur eux une contrainte. Rappelle donc, par le Coran celui qui craint Ma menace. » (verset 45 chap.50)
- « Appelle à la voie de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation. Et discute avec eux (les gens du Livre) de la meilleure façon. Car c'est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s'égare de son sentier et c'est lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. » (verset 125 chap.16)
- « Dis: "Vous les mécréants !* Je ne rends pas le culte à ce que vous adorez.* Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore.* Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez.* Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore.* A vous votre religion, et à moi ma religion" » (chap. 109)
Et conformément à ce sacré principe de liberté de culte, le même Coran enjoint aux fidèles de respecter les autres communautés religieuses et de respecter leur droit à la libre pratique de leurs cultes.
- «Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus en raison de votre confession et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables » (verset 8 chap.60)
C’est ainsi, faut-il le réitérer, que le monde musulman était toujours un monde multiconfessionnel et
cosmopolite. Il se trouve de ce fait bâti sur la noble valeur de cohabitation pacifique entre toutes les confessions et sur celle du devoir de respect mutuel entre toutes les composantes
religieuses, ethniques et culturelles de la société.
Et les détracteurs de l'islam évoquent souvent et avec raison, l'absurde peine de mort pour le musulman qui abjure sa foi. Il faut dire à ce sujet qu'il n'y a nul verset
dans le Coran qui prescrit une telle peine. Et c'est tout à fait normal, car le message divin n'est pas de nature à prescrire d'une part la liberté de culte dans plus d'un verset et d'autre part
son contraire. Le Coran comporte certes, certaines prescriptions et certaines proscriptions en même temps que de versets qui les abrogent, mais il n'y est nulle part question
d'abrogation de la liberté de culte pour tout le monde. Toutes les peines prescrites dans le Coran pour juger les gens ici-bas par le pouvoir judiciaire, sont des peines qui punissent des crimes.
Et le crime est tout acte qui soit de nature à violer l'une ou l'autre des cinq intégrités d'autrui à savoir l'intégrité physique, l'intégrité patrimoniale, l'intégrité morale, l'intégrité
mentale et l'intégrité confessionnelle. Or l'apostasie d'un musulman ne viole aucune de ses intégrités d'autrui. Le reprocher à l'apostat ou l'en punir est plutôt une atteint flagrante à son
intégrité confessionnelle décrétée sacrée par le Coran.
Ce qui provoque à ce sujet une controverse entre les musulmans mêmes, c'est un hadith qualifié d'authentique. Il y est pescrit d'exécuter l'apostat. Je ne suis nullement spécialite de la science du hadith, mais je trouve que le hadith en question, non seulement il n'y a nul verset pour l'appuyer, mais sa substance est plutôt en flagrante contradiction avec tous les versets qui prescrivent plutôt la liberté de culte. Et à ma connaissance, quand on se trouve devant une contradiction de ce genre, c'est le Coran qui prévaut sur le hadith. Comment expliquer alors la présence d'un tel hadith, pourtant authentique ?
Les savants comtemporains se sont dit que ce hadith doit être circontancié. La peine de mort doit y être
prescrite non pas contre l'apostasie tout court. Ils se sont penchés sur cette question pour trouver dans la syra les circonstances qui ont justifié une telle peine. Ils ont trouvé que
l'atmosphère qui régnait à l'époque était une atmosphère de guerre en Arabie entre d'une part la communauté musulmane naissante à Médine et d'autre part le reste des païens partout ailleurs. Ils
ont trouvé, selon les faits raportés de l'époque, que l'apostat s'avérait souvent sinon toujours, un espion ennemi, qui rejoint ipso facto le camp adverse pour combattre la
communauté musulmane. C'est ainsi que du vivant du prophète, soit-il béni par la grâce et le salut
d'Allah, jamais nulle peine capitale n'a été ni prononcée ni donc appliquée contre un musulman qui abjure sa foi sans plus. Et c'est conforme à l'enseignement du Coran, première source
de l'islam, vis-à-vis de la sacrée liberté de culte pour tout le monde. Mais il a plutôt ordonné d'abattre tout apostat qui, par des faits criminelles belliqueux contre la communauté musulmane,
s'était avéré un espion ennemi parmi les musulmans. De toute façon, l'ordre dans ce hadith émane d'abord du chef de l'Etat. Il est ensuite donné à ses lieutenants. Et il est
valable enfi en temps de guerre contre des ennemis qui combattaient la communauté musulmane naissante en raison de sa foi. Il s'agit donc de l'usage de l'épée à l'appui
de la liberté de culte et non pas contre cette sacrée liberté.
Il doit en être exactement de même d'un tout autre hadith où le prophète, soit-il béni par la grâce et le salut d'Allah, dit qu'il lui est ordonné de combattre les gens jusqu'à ce
qu'ils reconnaissent qu'il n'y a nul autre dieu en dhors d'Allah, et quiconque le reconnaît, son sang et son patrimoine s'en trouvent immunisés. Il ne doit nullement s'agir de la
conversion à l'islam par la force, parce que cela qui n'a nul sens, mais il s'agit de ce que les païens de l'époque reconnaissent aux gens autour d'eux le droit de recevoir le message divin
et de se convertir à l'islam s'ils le désirent. Il s'agit donc d'imposer par la force à ces païens ennemis de l'islam et belliqueux, la reconnaissance du droit à la
liberté de culte pour leur concitoyens.
Et toutes les expéditions ménées contre les régimes despotiques de l'époque
partout ailleurs dans le monde, à partir de l'Arabie berceau de l'islam, avaient pour but la propagation de cette noble valeur. C'est ainsi que l'islam était préché
sans nulle guerre dans les pays où les régimes en place n'avaient opposé nulle résistance à la liberté de culte. C'était le cas de l'Egypte par exemple. Aujourd'hui une telle liberté
prévaut, par la grâce d'Allah, un peu partout dans le monde, et presque toute l'humanité la reconnaît comme l'un des droits fondamentaux de l'homme.
Il y a pourtant un autre malentendu qui règne toujours parmi certains musulmans au sujet de l'universalité de cette liberté. Ils en excluent injustement et sans nulle raison les païens. C'est
qu'ils ne s'arrêtent pas bien à ce verset qui fait de cette liberté une valeur universelle. Il s'agit de ce verset dont voici le sens : Coran. verset 17 chap. 22 "Certes, ceux qui ont cru, les Juifs, les Sabéens (les adorateurs des étoiles), les Nazaréens
(il s'agit des chrétiens), les Mages (qui rendent le culte au feu au soleil et à la lune) et ceux qui donnent à Allah
des associés (les païens), Allah tranchera entre eux le jour du Jugement, car Allah est certes témoin de toute chose." Pour tous ce beau monde, gens du livre et tous les païens et pourquoi pas les athées et les agnostiques, c'est à Allah seul de les juger dans l'au-delà. Par ce
verset, Allah dénie à quiconque ici-bas, le droit de perturber la sérénité spirituelle de tous les humains de n'importe quel culte ou n'importe quelle conviction
philosophique , librté de culte oblige.
Il convient de rappeler également à ce propos, qu'il y a eu des guerres contre les tribus apostates du temps du premier Calif Abou-Bakr, juste après la mort du prophète, soit-il béni par la grâce et le salut d'Allah. C'est parce que des chefs de tribus se sont déclarés insoumis au pouvoir central à Médine pour rejoindre le camp adverse en guerre contre l'Etat naissant. D'autres ont refusé par insubordination de verser à l'Etat central la collecte de la zakat due à sont trésor général. La calif a dû alors mener ces guerres contre ces tribus, non pas en raison de leur apostasie, mais contre les coups d'Etat locaux de certaines et contre l'insubordination d'autres en matière d'impôt légal.
D'autre part, un apostat qui se déclare musulman juste pour s'éviter la peine de mort, son islam n'a nulle valeur auprès d'Allah l'omniscient. Et une telle atteinte à son intégrité confessionnelle n'en fait qu'un hypocrite. Et il n'y a pas plus dangereux pour toute communauté religieuse que l'hypocrite. En retour de la persécution qu'il en subit pour y paraître contre son gré pour ce qu'il n'est pas, l'hypocrite a toutes les raisons du monde pour haïr et trahir une telle communauté.
Il faut ajouter que tout converti à l'islam est ipso facto un apostat par rapport à son culte d'origine. Et les musulmans n'admettent pas, à très juste titre, que sa communauté le persécute en raison de cette conversion, liberté de culte oblige. Pour l'islam où la justice est une valeur absolue qui ne tourne pas comme une girouette au gré des passions des gens, il doit en être de même de tout musulman qui abjure sa foi. Et tous les vesets du Coran, à ce sujet, sont bien conformes à cette justice.
Pour toutes ces raisons, tous les hadiths sujets de telles controverses, sont bel et bien authentiques,
mais leurs fonds sont bien circonstanciés. C'est pourquoi il convient d'être bien circonspect en interprétation de tout texte sacré qui de prime abord semble poser problème.
De toute façon dans un Etat de droit de nos jours, en temps de paix comme en temps de guerre, il n'appartient à nul citoyen de juger et de condamner tout autre citoyen pour n'importe
quel crime. Pour tout conflit entre citoyens, c'est aux autorités compétentes de le résoudre selon les lois en vigueur. C'est ainsi qu'apostat ou pas apostat le criminele est le même. Tout
accusé de crime doit donc être traduit en justice pour y être jugé en bonne et du forme avec toutes les garanties requises, et jamais jété à la vindicte du peuple ou à la folie des
extrémistes qui cherchent dans des textes sacrés de quoi justifier à tout prix leur terreur contre la sacrée liberté de culte et contre la paix civile censée en découler.
Par Mustapha HMIMOU
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