- "Guide-nous sur le droit chemin ; le chemin de ceux que Tu as comblé de Ta grâce ; non pas celui de ceux qui ont encouru Ta colère, ni celui des égarés." (Coron : versets 6 et 7 / chapitre 1)
Dans le septième verset d’Al-Fatiha, Allah spécifie la voie de la rectitude à implorer. Il nous la fait distinguer de deux autres voies, qui sont par contre à éviter. Nous ne trouvons ainsi face à trois voies; à savoir :
1) La voie des comblés par la grâce d’Allah. Les comblés par la grâce d’Allah doivent être pour toujours, ceux qui se sont enquis de l’authentique voie du Seigneur, par l’étude et la recherche, et qui s’y sont scrupuleusement conformés. Une telle voie doit être celle recommandée par le Coran et illustrée d’une manière exhaustive par la sunna, soit la vie modèle du prophète, soit-il béni par la grâce et le salut d'ALLAH, et par celles de ses illustres compagnons, issus de son école. Le Coran y fait allusion en des termes dont voici le sens :
- « En effet, vous avez dans le messager d'Allah un excellent modèle à suivre, pour quiconque a espoir (ou foi) en Allah et en le Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » (verset 21 chapitre 33)
- « … Ce que le messager vous prescrit tenez-le pour devoir, et ce qu'il vous proscrit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en châtiment. » (verset 7 chapitre 59)
Telle doit être la voie des comblés par la grâce d’Allah, dans ce septième verset d’Al-Fatiha. Il s’agit de la voie exemplaire qui était suivie par le prophète Mohammed, soit-il béni par la grâce et le salut d’Allah. Ladite voie est dite Sunna. La sunna est consignée pour toujours dans des recueils qui ont toujours fait l’unanimité dans la communauté musulmane. Et le mot arabe sunna veut dire entre autres voie. Par ce dernier verset d’Al-Fatiha, les fidèles sont donc censés invoquer l’aide du Seigneur pour qu’ils soient comptés parmi les comblés par la grâce d’Allah, et de ne pas être comptés parmi les deux autres catégories qui suivent :
2) La voie de ceux qui ont encouru la colère d’Allah. Il doit s’agir de ceux qui connaissent bien l’authentique voie recommandée par Allah, mais qui pour une raison ou une autre optent librement pour une toute autre voie. Il doit s’agir de
a) ceux qui, par mégarde et par méprise sacrilèges, se mettent à innover pour produire des voies parallèles, censées, à leurs yeux, les mieux rapprocher d’Allah. Sciemment ou inconsciemment ils jugent la voie recommandée par Allah imparfaite. Dans un hadith de la sunna, Allah leur signifie que nul ne peut se rapprocher de Lui par toute autre voie qui soit prétendument meilleure que celle qu’Il lui a prescrite.
b) ceux qui, tout en pêchant par un excès d’orgueil, trouvent la voie d’Allah indigne d’eux, et ils la réfutent parce qu'il ne leur plait pas que l'ultime prophète ne soit pas de leur propre tribu ou de leur lignée de sang, et qu'ils tiennent pour cela au culte hérité de leurs ancêtres. Et voilà ce qu'en rapporte le Coran :
- «Et ils dirent: "Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre ce Coran sur un haut personnage de l'une des deux cités?" Est-ce eux qui distribuent la miséricorde de ton Seigneur? C'est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente et qui les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. La miséricorde de ton Seigneur (le Coran) vaut mieux, cependant, que ce qu'ils amassent. » versets 31 et 32 chap. 43
- «Comme est vil ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes! Ils ne croient pas en ce qu'Allah a fait descendre, révoltés à l'idée qu'Allah, de par Sa grâce, fasse descendre la révélation sur ceux de Ses sujets qu'Il veut. Ils ont donc acquis colère sur colère, car un châtiment avilissant attend les infidèles! » verset 90 chap. 2
- « Et quand on leur dit: "Suivez ce qu'Allah a fait descendre", ils disent: "Plutôt non ! Nous suivrons la voie sur laquelle nous avons trouvé nos ancêtres." - Quoi! Même quand leurs ancêtres ne raisonnaient pas et n’étaient pas sur la bonne voie? » (verset 170 chap. 2)
3) La voie des égarés : Ils doivent être ceux qui en matière de culte, sans prendre la peine de s’enquérir de l’authentique voie d’Allah, ne font que suivre à l’aveuglette la voie sur laquelle ont trouvé leurs ancêtres, et croient à tort rendre ainsi correctement le vrai culte dû au Seigneur. Il doit s’agir de ceux qui, ainsi par méprise, ne rendent pas le culte exclusivement à Allah. En lui associant dans Sa déité des êtres créés, ils doivent s’égarer en matière de voie à suivre dans leur vie. Il doit en être question dans les versets suivants dont voici le sens :
- « Dis: "Voulez-vous que Nous vous informions desquels sont les plus grands perdants, en œuvres ?* Ce sont ceux dont l'effort, dans la vie présente, se trouve orienté dans le mauvais sens, alors qu'ils croient bien faire.*» (versets 103-104 chapitre 18)
Pour bon nombre d'exégètes le pronom "ceux" dans les deux derniers versets d’AlFatiha, ne concernent que les non-musulmans. Mais pour d'autres, ce pronom est plutôt exhaustif et ne concerne pas particulièrement l’une ou l’autre communauté religieuse non musulmane. En d’autres termes, celui qui est né musulman, n’est nullement privilégié, car il peut soit par mégarde, soit en connaissance de cause, faire partie soit des égarés soit de ceux qui encouru la colère d'Allah.
Par le devoir d'humilité requis en l'islam, tout fidèle doit se demander toujours s’il fait partie des comblés par la grâce d’Allah, et s'il n'est pas par mégarde sur l'une ou l'autre des deux autres voies incriminées par le Seigneur. C’est ainsi qu’il acquiert le souci permanent de bien faire et d’exceller en bonnes œuvres. Selon tous les exégèses, les prophètes se trouvent à la tête des comblés par la grâce d’Allah. Or chez les prophètes sont réunies toutes les nobles qualités d’intégrité, de probité, de justice, de bonté, d’humilité, de modestie, de clémence, de convivialité, d’amour pour autrui, d’altruisme, d’assiduité dans l’accomplissement des bonnes œuvres etc.… Le fidèle doit donc en permanence s’enquérir sur soi-même, pour voir si tant que possible, il réunit en lui-même un maximum de ces nobles qualités, afin de savoir s’il est bien sur la voie des ces comblés par la grâce d’Allah. Il ne lui est pas demandé d’être pour autant infaillible, tel un ange sur terre. Le fidèle est un simple être humain, qui est d’une nature par essence faillible. Il peut donc lui arriver, comme tout le monde, de faire des fautes et de commettre des erreurs, sauf qu’il s’en rend vite compte ; il en ressent des remords, fait tout pour ne pas y revenir et améliore de suite sa conduite. Allah lui a promis pour cela Son pardon :
- « Dis: "Vous ! mes sujets, qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas du bénéfice de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui l’absoluteur ; le Très Miséricordieux. » (verset 53 chapitre 39)
- « Puis ton Seigneur, envers ceux qui ont commis le mal par ignorance ; se sont par la suite repentis et ont amélioré leur conduite, ton Seigneur, après cela est certes Absoluteur et Miséricordieux. » (verset 119 chapitre16)
Et puis la bonté du fidèle ne signifie pas non plus qu’il doit se laisser marcher sur les pieds. Tout en faisant preuve d’endurance, il doit revendiquer et défendre ses droits légitimes, mais de la meilleure manière qui soit. Un tel fidèle doit sûrement susciter le respect d’autrui par une conduite exemplaire. C’est un tel fidèle, avec toutes ces qualités, qui est de nature à donner de l’islam son image rayonnante. Et c’est certes grâce à de tels fidèles que l’islam s’est vite répandu dans le monde entier dès le premier siècle de sa naissance.
Par Mustapha HMIMOU.
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