Pour nous les musulmans, tout l’univers est assujetti et mis à la disposition de l’homme par Allah. Cependant cet assujettissement revêt des degrés divers, selon l’urgence et l’ampleur des besoins. Comparons par exemple, la disponibilité de l’oxygène à celle de l’eau. L’oxygène vous ne le cherchez pas, c’est plutôt ce gaz vital qui vous suit, car vous ne pouvez vous en dispenser plus de quelques minutes, et il est pour cela et en toute rationalité, surabondant et invendable. Il n’en est pas de même de l’eau et encore moins de la nourriture, dont l’abondance est décroissante de l’urgence et de l’ampleur du besoin. Ils ont pour cela un prix qui croit avec leur rareté. Toute raison saine peut-elle admettre que toutes ces proportions si rationnelles soient dues à un quelconque hasard ? Certes non ! Et le Coran nous éclaire à ce sujet. Vu l’attribut de rationalité du Seigneur rien donc, dans cet univers, n’est superflu et rien n’y est dû à un quelconque hasard. Tout y est dans les proportions appropriées, selon la volonté souveraine et juste du Créateur :
- « Nous avons créé toute chose avec mesure, » (verset 49 chap.54)
- « Et il n'est rien dont Nous n'ayons les réserves ; et Nous ne le faisons descendre que dans une mesure déterminée. » (Verset 21 chap.15)
- « Si Allah attribuait Ses dons avec largesse à Ses sujets, ils commettraient des abus sur la terre. C’est ainsi qu’Il fait descendre avec mesure ce qu'Il veut. Il connaît parfaitement Ses sujets, et IL en est Clairvoyant. » (Verset 27 chap.42)
- « Et Nous avons fait descendre l'eau du ciel avec mesure. Puis Nous l'avons préservée dans la terre, alors que Nous sommes bien Capable de la faire disparaître. » (Verset 18 chap.23)
D’un autre côté, un enfant peut conduire un énorme chameau, mais un adulte ne saura faire de même d’une petite vipère. Et puis un mouton périrait loin de l’homme, tandis qu’une gazelle, il faut la chasser pour en disposer. C’est que comme la quantité prédéterminée de l’oxygène, comme celle de l’eau ou de la nourriture ou celle du fer comparée à celle de l’or, les animaux dits domestiques n’ont jamais été apprivoisés. C’est plutôt le Créateur qui, en raison de Sa miséricorde, a bien voulu les créer différents des animaux sauvages. IL les a ainsi assujettis et mis à la disposition de l’homme :
- « Ne voient-ils donc pas que, parmi ce que Nos mains ont fait, Nous leur avons créé des bestiaux dont ils disposent; * et Nous les leur avons assujettis. Certains leur servent de monture et d'autres de nourriture; » (versets 71 ; 72 chap.36)
Et c’est à ALLAH qu’appartiennent les cieux, la terre et tout ce qu’il y a entre eux. IL a bien voulu assujettir tout cet immense univers au service de l’être humain :
- « Ne voyez-vous pas qu'Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre, et qu’IL vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés ? Et pourtant il y a parmi les gens qui discutent à propos d'Allah, sans science, ni preuve, ni Livre éclairant. » (verset 20 chap. 31)
Si l’homme a donc pu disposer des cieux et de la terre pour y atteindre des lieux aussi lointains afin de les explorer voire les exploiter comme il peut, cela n’a rien d’étonnant. Et cela n’en fait pas pour autant un dieu, comme on est tenté de le croire. Mais c’est plutôt ALLAH qui l’a, à priori, bien voulu et permis, comme c’est révélé dans le Coran, il y a déjà quatorze siècles, et ne l’a pas permis pour aucune autre espèce perceptible pour nous. Tout autre être vivant ne peut réaliser ce qu’accomplit l’homme. Tout cela n’eut été possible que grâce à toutes les aptitudes dont ALLAH a bien voulu le doter.
Tout donc dans cet univers, participe de près ou de loin à la vie sur cette terre, au grand profit de l’homme. Qui faut-il donc en louer, sinon le Créateur ? C’est ainsi qu’en effet, selon le verset 2 du premier chapitre du Coran, « Toute la louange revient à ALLAH ». Tout est dû à Son incommensurable miséricorde. Pour cette raison chaque fidèle théiste, juif chrétien ou musulman, éprouve spontanément l’irrésistible besoin d’exprimer sa pleine gratitude à son Seigneur. Le verset du premier chapitre du Coran non seulement le permet au fidèle musulman, mais il met tous les fidèles sur un pied d’égalité quant au choix de la forme, du fond et de la qualité des termes. La première sourate du Coran dite Al-fatiha, est donc elle-même un don gracieux d’Allah. Elle permet à chaque fidèle de manifester sa reconnaissance de la manière la plus parfaite et la plus digne de la Majesté du Seigneur.
Quand nous les musulmans, nous accomplissons la salat cinq fois par jour, à des moments précis et selon des rites bien définis, c’est d’abord par obligation cultuelle de se soumettre aux prescriptions divines en la matière, et c’est, entre autres, pour manifester cette reconnaissance pleine et entière à Allah qui est l’unique à en être digne, du fait qu’il a bien voulu nous créer et nous pourvoir de tout ce dons nous avons besoin dans ce bas monde. Ses bienfaits sur chaque être humain sont incommensurables.
De ce fait nos lieux de culte, où qu’ils se trouvent sur cette terre, doivent être des temples de paix pour tout le monde. Ils ne doivent jamais être détournés de leur noble mission de manifestation de notre soumission à notre Seigneur Allah et de lui témoigner notre pleine gratitude avec la plus grande humilité, tout en implorant sa miséricorde et son pardon pour tous ses sujets humains, afin qu’Il les mette sur la bonne voie. Et nous n’avons à juger personne à cet égard, car c’est à Allah seul que revient le droit de demander des comptes à ses créatures.
Par Mustapha HMIMOU
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