Il convient de remarquer, que dans cet en-tête des chapitres du Coron : " Au nom d’Allah, détenteur de toute la miséricorde, le miséricordieux", le Seigneur s’est donné deux qualificatifs, au nom desquels, IL a daigné révéler Son ultime message. IL est Arrahmano الرحمن et Arrahim الرحيم . Or l’une des grandes difficultés rencontrées dans la transcription du sens du Coran dans une autre langue, consiste à y trouver les termes équivalents à certains mots arabes. Le premier mot qui pose ce problème de transcription en langue française est le substantif : "arrahmato الرحمة", et ses dérivés. Faute de mieux, bon nombre de transcripteurs du sens du Coran, l’ont assimilé au mot "miséricorde". Cette assimilation serait juste, si ce mot exprime entre autres, le fort sentiment instinctif que ressent chaque mère de n’importe quelle espèce envers ses petits. C’est ce sentiment qui fait des plus farouches de ces mères, la poule par exemple, des êtres agressifs face à n’importe quel danger qui menace leur progéniture. Il s’agit d’un sentiment inné, involontaire et puissant.
Dans son enseignement dit Sunna, et rapporté dans le recueil d’Al-Boukhari, le prophète Mouhammad, soit-il béni par la grâce et le salut d'ALLAH, nous apprend qu’ALLAH a fait de Sa miséricorde cent parties. IL en a retenu les quatre-vingt-dix neuf centièmes, et en a réparti le centième restant sur toutes Ses créatures. Et c’est en raison de cette fraction de Sa miséricorde, que la jument lève sa patte pour ne pas heurter son poulain.
Et c'est aussi par ce centième de la miséricorde divine, que l’être créé peut être qualifié à l’occasion de "rahimeرحيم ", soit le clément. Cela n’a bien sûr, nulle commune mesure avec le même qualificatif qu’Allah s’est donné dans l’en-tête ci-dessus. L’ampleur du qualificatif en l’occurrence, est bien sûr à la mesure de la majesté du qualifié. A l’échelle humaine, la générosité pécuniaire d’un homme riche n’a nulle commune mesure avec celle d’un homme indigent.
Comme ALLAH s’est réservé le reste de la miséricorde, et comme le centième restant provient de toute Sa miséricorde, IL s’est attribué le superlatif d’ "Arrahmaneالرحمن ". il s’agit de ce fait d’un qualificatif propre au Seigneur. Nulle créature ne peut donc être qualifiée de Arrahmane. Il est donc manifestement inapproprié de le traduire par les termes « le très miséricordieux » car l’on peut dire qu’un tel homme est très miséricordieux. Le qualificatif "Arrahmaneالرحمن ", tel que nous l’avons expliqué ci-haut, n’a pour ainsi dire, pas d’équivalent dans la langue française. Pour en rapprocher le sens exact, nous lui avons substitué l’expression suivante : « détenteur de toute la miséricorde » Et c’est en raison de ce dernier qualificatif qu’au bas-monde, même celui qui nie l’existence même d’Allah, profite pourtant de Son incommensurable miséricorde.
Et c’est également en raison de Ses deux attributs de miséricordieux et de détenteur de toute la miséricorde, qu’ALLAH a daigné révéler Son ultime message à Son ultime messager, pour toute l’humanité et jusqu’à la fin des temps :
- « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en annonciateur de la bonne nouvelle et en avertisseur, pour tout l’univers. Mais la plupart des gens n’en savent rien. » (Verset 28 chap. 34)
- « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour tout l’univers » (verset 107 chap. 1)
Moralité : Le fidèle qui vit vraiment selon l'enseignement du Coran, doit être bien imprégné par cette miséricorde divine. De ce fait il doit jouir d'une paix interne. Et celui qui jouit d'une telle paix doit être aimable, affable, humble, plein de mansuétude et serviable pour les siens d'abord, pour tous ses voisins, pour tous ses concitoyens et pour tout le monde, sans nulle discrimination ni de culte ni de culture ni de "race". Un tel fidèle ne doit donc jamais et d'aucune façon, inspirer nulle méfiance ni nulle peur, ni par son aspect physique ni par sa tenue vestimentaire ni par sa conduite. L'on peut faire preuve de la pudeur requise par respect à autrui tout en paraissant bon chic bon genre. Mais un tel fidèle ne doit pas être pour autant un derviche censé se laisser marcher sur les pieds sans réagir. Comme tout les communs des mortels dans le monde, chaque fois qu'on empiète sur ses droits, il est censé défendre par tous les moyens licites et légaux en vigueur là où il se trouve, son intégrité physique, son intégrité patrimoniale, son intégrité morale, son intégrité mentale et son intégrité confessionnelle.
Par Mustapha HMIMOU
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