Toute personne sensée, qui prend la peine de faire bien usage de sa raison ne prendra jamais nulle littérature pour l’authentique parole divine. Je le réitère ici, l’authentique parole de Dieu est uniquement celle révélée avec ses propres mots à chacun de ses messagers dans sa propre langue. Y ajouter ou en retrancher ou y modifier le moindre mot ou la moindre lettre, n’en fait alors plus l’authentique parole divine. Y toucher à une seule lettre c’est modifier le sens d’un verset, et c’est faire dire à Dieu ce qu’Il n’a jamais dit. Et c’est grave, car c’est induire les gens en erreur en faisant passer l’écrit humain imparfait et discutable par essence, pour le divin qui est parfait et de ce fait indiscutable par essence. Et c’est clair qu’il y a un hiatus entre l’authentique parole de Dieu avec ses propres mots dans la langue de son messager d’une part et tout texte dit parole dieu dans toute autre langue. En guise d’exemple, dans toute autre langue que l’arabe, nul texte n’est l’authentique Coran.
Toutes les littératures, que l’on fait souvent passer pour parole de Dieu, sont bien sûr des purs produits humains. Elles ne peuvent donc tout naturellement ne pas comporter d’innombrables contradictions, dont le nombre ne cesse de croître au fil du temps. Et afin d’y atténuer le poids de telles contradictions, les clergés qui les protègent se voient toujours dans l’obligation de les réexaminer d’une époque à l’autre pour les modifier. Il s'agit chaque fois de modifier une fois de plus par la main humaine un texte déjà plusieurs fois pure œuvre humaine mais présenté toujours comme parole de Dieu. Toutes ces littératures sont donc dépourvues de tout caractère sacré dans les esprits des gens épris de rationalité. Pour résister aux critiques de ces gens sceptiques, elles ont alors nécessairement besoin d’un clergé pour les soutenir, les maintenir et leur recruter et retenir des adeptes. En deux mots une fois de plus, la présence de tout clergé signifie ipso facto que l’authentique parole divine est, soit altérée par la littérature humaine, soit flanquée en parallèle d’une littérature humaine, comme c’est le cas chez certaines sectes musulmanes, soit occultée, soit complètement perdue telle qu’elle a été révélée, et puis supplantée totalement par de la littérature.
Et tout clergé se fait alors passer avec ses littératures, pour porte parole de dieu. En l’absence du texte divin authentique, il parle au nom de dieu pour lui faire dire ce que bon lui semble. Et si noble soit le fond de ces littératures, il n’en demeure pas moins pur produit humain. Et si louable y soit le code inventé, il n’en demeure pas moins un code humain qui ne peut résister à l’usure du temps, alors qu’il est présenté pour code divin. Or tout code divin doit être si parfait au point de défier le temps et l’espace. Cependant pour avoir l’effet escompté sur les gens, tous les clergés, le long de toute l’histoire humaine, se sont toujours arrangés pour établir des structures hiérarchiques rigoureuses, rigides et puissantes. Ils ont pour la même raison, bâti des édifices monumentaux et impressionnants ; ils s’habillent de costumes majestueux avec lesquels ils organisent divers rites bien pompeux.
Et tout cela n’est pas dépourvu d’intérêts temporels en pouvoir et en argent. En plus et surtout pour se faire passer pour l’intermédiaire incontournable entre les fidèles et leur Seigneur, tout ordre clérical introduit dans sa littérature, présentée comme parole divine authentique, le nécessaire passage par lui en tout, afin d’être bien agréé par dieu. Cela laisse croire à leurs pauvres ouailles qu’il n’y a nul salut pour personne auprès de dieu sans obtenir l’agrément dudit clergé. Les esprits éclairés et imbibés de rationalité n’ont et ne pourront jamais admettre que cette "nécessaire" intermédiation humaine entre le fidèle et son Seigneur, soit vraiment d’ordre divin. Et en l’absence de l’authentique parole de Dieu censée les éclairer, ils lui ont toujours préféré l’athéisme.
L’athéisme trouve donc un terreau fertile dans les régions où ne règnent en matière de religion que des clergés sans nul texte divin authentique. Le monde musulman n’en est pas du tout indemne, mais avec l’omniprésence du texte divin authentique, l'athéisme s’y trouve mis à mal dans les esprits les plus rationnels. C’est pourquoi les athées n’ont jamais pu vouer à l'islam nulle indifférence. Et depuis le développement de l’islam en Occident, avec le Coran et la sunna comme uniques références sans nul clergé, l’athéisme s’y est vu et se voit toujours bien mis à mal. Ces multiples attaques contre l’islam et les musulmans sous le prétexte de liberté d’expression, ont pour origine, entre autres, ce malaise que vivent certains esprits athées, face au Coran et au hadith avérés indéniablement authentiques. Ces deux textes les dérangent au point que par excès de naïveté, ils demandent aux musulmans de les modifier. Et ils se trouvent désemparés quand ils se rendent compte que partout dans le vaste monde, c’est pratiquement impossible même quand certains musulmans de notoriété confirmée et puissants le voudraient bien. Ils les admettent alors résignés
Cependant tout cela ne veut nullement dire qu’on doit sous-estimer les clergés. Tout au contraire, les littératures qu’ils défendent, quoique purs produits humains, soutiennent souvent sinon toujours de nobles valeurs. Et moi personnellement, j’ai la plus grande admiration voire de la fascination pour la modestie dont font preuve les prêtres, les moines et les bonnes sœurs. J’apprécie chez eux la pudeur, leur sincère dévotion pour Dieu et leur indéniable altruisme. Et je voue toujours le plus grand respect pour le Pape feu Jean Paul II. D’après ce que je sais, il a toute sa vie défendu les nobles valeurs chrétiennes face à un monde qui tire très fort vers l’injustice et vers l’outrance en tout et surtout en matière de mœurs. C’est lui qui au Nigeria a clamé haut et fort que le SIDA ne sera plus une fatalité avec l’abstinence hors mariage et la fidélité en mariage. Et j’admire aussi les moines bouddhistes pour leur ascétisme. Toutes ces valeurs sont communes à tous les théistes. Cependant est condamnable tout clergé qui pour défendre sa chapelle en vient à cultiver la haine contre les adeptes des autres cultes. Mais tout cela n’infirme nullement que sous tout clergé couve une littérature prise pour parole divine ou tout au moins prise faussement pour parole inspirée par Dieu. Et ce respect dû par les musulmans aux clergés des autres cultes ne veut pas dire qu’il est adepte du cléricalisme. Pour lui les textes divins authentiques sont si parfaits et complets pour suffire pleinement comme guide pour tout fidèle sans nul clergé. Mais le monde musulman où ne doivent prévaloir que ces textes, n’est quand même pas indemne du cléricalisme. Et tel sera le sujet de l’article suivant dans ce même blog.
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