La partie de la charia qui concerne le musulman en charge dans son pays du pouvoir législatif, ou exécutif ou judiciaire, n’en représente qu’une infime partie. Les communs des mortels n’ont nul compte à en rendre et n’ont pas de ce fait à s’en occuper outre mesure. Il s’agit en l’occurrence, surtout du code pénal islamique, dont on aime faire de très grandes vagues et auquel on se plait toujours à réduire toute la charia, alors que celle-ci, dans 99% de son volume, concerne la vie quotidienne privée et commune du fidèle. Le plus gros de la charia concerne donc l’individu. Et de ce fait, elle a toujours été appliquée, parce que de ce même fait il est pratiquement impossible d’empêcher son application.
Qui, partout au monde peut empêcher tout fidèle d’accomplir sa prière ou s’acquitter de la zakat ou jeûner le ramadan ??? Jamais personne ne le peut, car s’acquitter de toutes ces obligations ne dépend de personne d’autre que du fidèle lui-même. Leur application n’est donc liée à aucun lieu particulier que l’on peut lui interdire. Faute de trouver une mosquée, la salat peut s’exécuter partout, pour autant que le lieu soit tout juste propre, ce qui est presque partout le cas. Qui peut empêcher un couple de fidèles de se marier ou de divorcer selon la charia, s’ils le désirent ? Qui peut empêcher les rites islamiques liés à la naissance d’un nouveau né ou les rites funèbres ou la répartition de la concession entre les héritiers selon la charia, quand ceux-ci sont tous d’accord pour s’y conformer ? Et qui peut empêcher tout fidèle de faire preuve de probité, d’intégrité et d’équité selon les recommandations de la charia, dans toutes ses relations avec tout le monde ?
Ainsi grâce à la seule force des textes authentiques sans nul besoin de nul clergé, la charia a toujours été appliquée par tous les fidèles qui le désirent, parce que de par sa nature intrinsèque, elle ne requiert l’aide de nul clergé, ni nulle autorisation des pouvoirs publics. Faire peur alors de l’application de la charia, c’est comme vouloir faire peur de l’usage de la prose dans tout langage de tout les jours, selon quiconque qui, par excès d’ignorance, comme monsieur Jourdain, ne savait pas ce que voulait dire le mot prose. Si l’on savait ce que veut dire au juste la charia on aurait mieux fait de se taire.
Tout ceci pour dire que si, n’en déplaise à Dieu, les deux textes authentiques qui régissent le culte islamique avaient disparu, nous aurions sûrement vécu la même misère où règne tout clergé. Un tel clergé aurait alors mené les fidèles comme des moutons, où bon lui semble, selon une littérature fabriquée de toute pièce. Et à la place de toutes ces pratiques qui nous lient directement aujourd’hui avec Allah, nous serions réduits de temps en temps, à assister passifs dans des temples, qui n’ont rien à voir avec les vraies mosquées, à des scènes théâtrales où des clercs qui se considèrent plus saints et plus purs que tout le monde, jouent des pièces bien ficelées avec des accoutrement censés fasciner l'assistance, pour prier pour nous et à notre place. Et qui sait ce que seraient devenus alors le reste des rites à savoir : le ramadan, la zakat, le hajj etc.. ??? Loin de l’authentique parole de dieu l’on ne peut donc vivre que dans l’égarement au gré du seul goût d'un quelconque clergé. Et l’islam serait alors sûrement vidé de toute substance pour s’évanouir peu à peu et à tout jamais au profit d’une formidable profusion de paganismes de toute sorte et de tout genre.
Mais puisque dans l’immense monde musulman, ne prévalent et ne prévaleront toujours que le Coran et le hadith tout deux authentiques et distincts l’un de l’autre, il n’y aura jamais de clergé, parce que non seulement le besoin ne s’en ressent nullement, mais parce que l’esprit humain ainsi bien blindé par ces textes authentiques, le rejette tout simplement et tout naturellement. Et ce sera toujours le cas de la plus grande partie de ce monde. Je dis bien dans la plus grande partie de ce monde, parce que s’y trouvent quand même certains clergés, et je vais montrer pourquoi dans un autre article.
Il convient de savoir qu’à peu près les 4/5 des musulmans dans le monde ne sont pas des Arabes. Mais comme il se doit et comme partout ailleurs, ne prévalent chez eux que les textes authentiques à savoir le Coran et le hadith proprement dits, en langue arabe. N’est de ce fait admis en psalmodie en prière que le seul Coran authentique en arabe partout dans le monde musulman. Dans le reste des langues des musulmans, il ne s’agit que de traductions, exégèses et commentaires afin d’en faire comprendre le sens, comme les textes équivalents en français et en anglais. Mais il ne s’agit toujours et à chaque fois que d’interprétations plus ou moins proches du sens exact du Coran authentique en langue arabe. Et il en est de même de toutes les exégèses dans toutes les langues. Quelle qu’en soit la qualité, ces exégèses demeurent des littératures et donc de pures œuvres humaines faillibles par essence, et donc toujours sujettes à caution face au Coran authentique en arabe. Pour tous les exégètes, l’authentique Coran en arabe est l’authentique parole divine, et l’authentique hadith aussi en arabe est l’authentique parole de son messager. Et ces deux sources demeurent les premières et les dernières références selon lesquelles est jugée la qualité de toute exégèse.
Mustapha HMIMOU
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