par Mustapha HMIMOU
Percevoir c’est savoir et non pas croire, et n’a nul mérite en culte qui requiert plutôt la foi. Le Coron rapporte à ce sujet le fait que le peuple de Moïse s’est obstiné à lier sa foi à la vue évidente d’ALLAH, malgré tous les miracles salutaires qu’il a vécus :
- « Rappelez-vous donc lorsque vous dites: " Moïse ! Nous ne te croirons qu'après avoir vu Allah clairement! "… » (Verset 55 chap. 2)
Or voir c’est savoir et non pas croire. Or le mérite dans l’épreuve pour laquelle nous sommes créés réside plutôt dans le fait de croire à partir des innombrables indices perceptibles qui attestent de l’existence du réel imperceptible. Allah le rappelle ici au peuple de Moïse en des termes dont voici le sens :
- « Rappelez-vous lorsque Nous vous avons délivrés des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment, en égorgeant vos fils et en épargnant vos femmes. C'était là pour vous, une grande épreuve de la part de votre Seigneur.* Et puis rappelez-vous lorsque Nous avons fendu la mer pour vous donner passage!... Nous vous avons alors délivrés, et Nous avons noyé les gens de Pharaon, tandis que vous regardiez » (versets 49 ;50 chap. 2).
C’est que l’épreuve consiste à reconnaître ALLAH et Ses attributs à travers la méditation sur Sa création. Et puis elle consiste à reconnaître Ses messagers à travers les miracles qui les accréditent. Ces miracles n’auraient été possibles que par la permission d’Allah l'Omnipotent qui transcende Sa création et toutes les lois qui la régissent. C’est cela la foi méritoire l’objet de l’épreuve. Demander un signe encore plus évident, c’est vouloir plutôt savoir et non plus seulement croire. Il s’agit alors de l’opposé de la foi. Et cela n’a évidemment aucun mérite. Quel mérite auraient par exemple, les anges de déclarer qu’ils ont la foi ? Cela n’a pas de sens, car ils ne reconnaissent pas ALLAH indirectement à travers des signes et des indices, mais ils le connaissent plutôt directement puisqu’ils En reçoivent directement les ordres.
Celui qui donc pour croire réclame plus que ce qu’ALLAH a daigné nous donner comme signes et indices sur Son existence et sur Ses attributs, est manifestement un chicaneur obstiné. Il s’agit de celui qui échoue de ce fait dans l’épreuve pour laquelle il est créé. Ce fut le cas d’une bonne partie des païens Mecquois lors de la révélation du Coron.. A l’instar du peuple de Moïse soit-il béni par le salut d’Allah, ils exigeaient du prophète Mouhammad, soit-il béni par la grâce et le salut d’Allah, plus qu’un supplément de miracles. En fait, ils étaient en quête de tous les prétextes pour ne pas croire. Le Coron a relevé pour la postérité l’énormité de leur obstination dans ces versets dont voici le sens :
- « Et ils dirent: "Nous ne croirons pas en toi, que lorsque tu auras fait jaillir pour nous, une source de la terre; * ou que tu aies un jardin de palmiers et de vignes, entre lesquels tu feras jaillir des ruisseaux en abondance; * ou que tu fasses tomber sur nous, comme tu le prétends, le ciel en morceaux; ou que tu fasses venir Allah et les Anges en face de nous; * ou que tu aies une maison garnie d'ornements ; ou que tu sois monté au ciel. Et nous ne croirons à ta montée au ciel, que lorsque tu fais descendre sur nous un Livre que nous puissions lire". Dis-leur : "A mon Seigneur la transcendance ! Ne suis-je qu'un être humain messager ? " » (Versets 90 - 93 chap.17)
Contre toutes ces chicanes qui fusent de toutes parts vient l’annonce solennelle de la Majesté divine qui confirme la mission de Son ultime messager. Une telle mission consiste tout juste à transmettre le message divin, et le reste incombe au Seigneur. Après la bonne transmission du message, le messager n’est nullement responsable du choix des gens. Chacun assume les conséquences de la voie pour laquelle il a librement opté. Tel est justement le sens du verset suivant :
- « Certes, Nous t'avons envoyé avec la vérité en annonciateur de la bonne nouvelle et en avertisseur. Et il ne te sera pas demandé des comptes sur les gens de l'enfer. » Coron verset 119 chapitre 2
Par Mustapha HMIMOU
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